L’épreuve de culture générale

Ah oui oui OUI OUI OUI

Poser des questions de culture générale n’est pas qu’une manière sophistiquée d’embêter mes intervenants, c’est évidemment aussi une démarche à thèse, histoire de prouver l’aspect « roulette russe » de certaines formes d’épreuves. La culture générale est, à mon sens, le volet qui transpire le plus ce hasard. Bien plus que le libre propos, par exemple, où il vous « suffit » d’avoir une bonne idée, un bon concept en tête, ou au minimum un bon sens du storytelling. La culture gé tend a réduire un peu son importance au niveau des points sur certains concours mais ça reste un pan essentiel si vous voulez vous garantir un minimum votre réussite.

C’est précisément ici que le conseil de Chloé rentre en jeu : être « une éponge » à informations. Le coefficient est généralement le même, mais il y a quelques constantes. D’une part, les thèmes abordés sont les mêmes d’une école à l’autre – soit à peu près tout – mais vous avez au minimum un peu plus de vingt ans, vous êtes sensés êtres curieux et je ne me fais pas trop de souci sur votre culture générale de base. Toutes les écoles ne sont pas sadiques. Cependant, comme on va bientôt le voir, le choix des questions de culture gé n’est pas toujours innocent et résulte parfois de thématiques transversales à l’actualité. Exemple tout simple : en 2012, au CFJ, on m’a demandé comment s’appelaient les habitants de Metz. Ce n’est pas innocent avec l’ouverture du centre Pompidou la même année !

Travailler sa culture générale n’est pas une mince affaire. On ne peut pas absorber de l’information sans but tel quel, mais on peut s’aider. Déjà, dégainez votre anthologie Milza-Berstein du XXè siècle oubliée depuis la prépa, voire achetez le quatrième tome sorti depuis pour les plus anciens. Mettez un planisphère devant votre trône – je suis très sérieux – qu’il pleuve, qu’il neige ou qu’il vente, la première question du CELSA sera de demander les pays limitrophes d’un État ayant fait l’actualité. Une fois sur deux, c’est la Syrie. Parcourir votre Trivial Pursuit et le lire de temps à autre avant de dormir. Jouer à des jeux de Trivia jusqu’à plus soif. Matez Tout Le Monde Veut Prendre Sa Place quand vous avez le temps. Ce genre de petites choses à ancrer dans le quotidien, et devenir une vraie petite machine un peu insupportable à faits.

Il existe beaucoup moins de modèles différents d’épreuves, que voici.

CFJ et IPJ – Le bon et le mauvais flic

Hérités du « tri-concours » ou PEMEP, les deux ont gardé la même forme. Deux fois la même approche, deux difficultés différentes. Il n’y a pas plus cassant que les questionnaires du CFJ et leurs points négatifs. La culture gé peut être d’autant plus frustrante mais son importance fluctue selon les années. Il n’y a pas si longtemps, l’épreuve était indépendant du français. Ici, les deux sont groupées, ce qui vous permet de vous rattraper avec des règles de français bien fixes et canoniques.

Voici un extrait du concours CFJ 2015.

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Vous comprendrez aisément la ligne éditoriale. Parmi des questions de pur trivia à la « lequel de ces compositeurs est le moins décomposé » – formulation rigolote en moins – se cachent beaucoup de choses liées à des thématiques que vous avez travaillé pour l’actualité. Et au milieu de tout ça, un peu au hasard, on vous demandera de décomposer un numéro de sécurité sociale, de repréciser les enjeux de la conférence de Postdam ou de retrouver les personnes se cachant derrière tel ou tel compte Twitter. (@Pontifex en 2014, toujours).

En regardant les différentes interviews réalisées jusqu’ici, vous aurez aisément compris l’esprit.

Coté IPJ, les choses sont un peu plus simples. 100 questions sur le même modèle, toujours des points négatifs si vous n’avez pas la courtoisie de mettre de bonnes réponses. Vingt thématiques, cinq questions à chaque fois. Arts, cinéma, tech, culture, histoire, géo, sciences, société, sports, santé, BD, médias, maths, philosophie, mythologie, TOUT. Le spectre est brossé de long en large, vous devrez donc avoir la main sur une bonne partie de ce questionnaire. Pourquoi ? Car il est un peu plus facile. Il est clairement conçu pour que tout un chacun ayant le niveau requis puisse répondre à environ trois questions par thème, et les vrais connoisseurs sauront remplir le reste. Consultez donc le lien ci-dessus pour vous faire une idée.

Au CUEJ, choisissez votre menu

Le CUEJ ne fait plus cette épreuve, au même titre que l’anglais.

Je voulais tout de même vous parler de cette approche plus universitaire. La disparition de ces deux épreuves auraient rendu, pour votre serviteur, le concours beaucoup plus difficile cette année. Avec 35 et 40 points sur 60 et 50, c’étaient les deux épreuves qui me remontaient. Faire sans semble très difficile, mais vous n’avez pas tous les mêmes profils et les mêmes centres d’intérêts !
Aujourd’hui disparue, l’épreuve de culture générale du CUEJ adoptait une démarche intéressante. Elle vous demandait de rédiger trois essais, sur trois thématiques complétement aléatoires, en supposant un seuil de tolérance relativement élevé pour le correcteur. Imaginez : vous avez, au choix, le menu Sports/Littérature/Histoire. De l’autre, un Economie/Géographie/Sciences.

Vous prenez le deuxième, pas nécessairement par appétence, mais parce que les intitulés vous parlent plus. Vous vous retrouvez donc à obligatoirement faire trois minidissertations sur :
– Le Japon
– La conquête de l’espace
– La sortie de l’Euro

C’était donc à vous de dégainer la moindre connaissance du collège, lycée, des exemples d’actu et tout ce qui peut sembler pertinent dans un tel cadre. Une grosse demi heure par sujet, pas vraiment le temps de faire un plan d’agrégation et un degré de connaissance très fluctuant. C’est un peu injuste mais ça vous pousse dans vos derniers retranchements, bizarrement, je ne suis pas contre. Les correcteurs savent que vous n’en savez pas forcément grand chose. Bref, cette épreuve n’existe plus et il serait de bon aloi de savoir pourquoi a-t-elle été supprimée.

Et le reste

Je vous ai déjà parlé de l’IFP, qui mêle ses questions de culture générale avec celles d’actualité.

Le niveau de difficulté du volet CELSA est satanique.

Capture d’écran 2016-03-27 à 18.03.17Bon. Le président de Sénat remplace le président en cas de combustion spontanée, ça revient souvent. C’était une année d’Européenne, certes. La drapeau des JO représente les continents et a été dessiné par… quelqu’un. On peut toujours mettre Pierre de Coubertin, il n’y a pas de points négatifs. Le premier choc pétrolier… le Torrey Canyon ? Est-ce que le bourguibisme se mange ? Je n’étais même pas certain pour Marguerite Yourcenar (et je finissais un Master de Lettres) Toutes ces questions et bien d’autres qui posent un sacré souci.

L’ESJ Lille a une approche hybride, en 2014 ont débarqué des question de « vie pratique ». Du genre à littéralement l’ingrédient manquant pour faire des crêpes. Quand un concours crucial se prend pour votre maman, vous savez qu’il est davantage important de se concentrer sur les questions d’actualité qui valent plus, et de passer la fin du temps imparti sur ceci.

Voilà pour la culture gé. Il y a moins d’exemples marquants, la mentalité est la même, seule la forme et le niveau de difficulté change.

La suite sera un peu moins « bête et méchante » – on passera à la créativité et aux épreuves qui mobilisent votre attention.

Un jour je suis né, depuis je joue beaucoup aux jeux vidéo et j'écoute beaucoup de musique anglophone et islandaise à des heures coupables. Étudiant en journalisme, pigiste pour Le Monde.fr. Vous pourrez me retrouver à @BenjaminBnt sur Twitter.

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